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Surf loose report

Chroniques de la loose surfistique ordinaire

Partie 3 - Le matériel

Où il est question du matériel

Planche/board: Ces termes désignent indifféremment l'objet dont se servent les surfeurs qui décident de franchir le cap et d'essayer de chevaucher une vague en position verticale. Pour mériter cette appellation, un appareillage flottant devra néanmoins respecter certains critères: avoir une forme vaguement allongée et une déco à gerber en font partie. On notera que la frontière précise entre ce qui mérite d'être appelé "une planche de surf" et ce qui ne le mérite pas varie grandement d'un surfeur à l'autre. Pour les plus exigeants, une embarcation digne de ce nom doit mesurer moins de 6 pieds de long et 20 pouces de large (parce que pourquoi pas) pour un volume total inférieur à 30 litres. Pour les plus laxistes en revanche, cette définition s'étend jusqu'aux longboards, aux planches en mousse et même à certains shapes maisons au goût douteux. Cependant, même pour les plus jenfoutistes, la licorne gonflable ne rentre pas dans cette catégorie, au contraire de la femme dépourvue poitrine qui, elle, permet une certaine forme de glisse qui n'est pas pour leur déplaire.

Bodyboard: Version au rabais d'une planche de surf, dont les dimensions servent d'excuse à leur propriétaire pour ne pas se mettre debout. La pratique du bodyboard se résume donc à enchaîner les luges comme un couard. A ne pas confondre avec le bodysurf (voir: Bodysurf), dont les pratiquants ont au moins la décence d'essayer de laver leur honte dans la noyade.

SUP: Version au rabais d'une planche de surf, dont les dimensions servent d'excuse à leur propriétaire pour ne pas s'allonger dessus. La pratique du SUP est donc réservée aux gras du bide qui ne peuvent pas quitter la plage autrement que debout sur leur énorme flotteur, faute de pouvoir se relever ensuite. Le susdit flotteur étant assez gros pour qu'Archimède seul le maintienne à la surface, le SUPiste (adepte de la pratique du SUP) n'est donc aucunement contraint d'expérimenter les sensations du planning pour revendiquer sa verticalité. Fait amusant, le SUPiste s'ennuie tellement sur son énorme péniche, qu'il a pris pour habitude de passer le balais entre deux séries, et parfois même à l'approche de ces dernières, d'où l'appendice qu'il tient en permanence à la main. Chez les surfeurs, il n'est pas de bon ton de se moquer des SUPistes, parce que c'est vraiment trop facile.

Nose: Pour autant qu'une planche de surf réponde aux critères géométriques de base, le "nose" (parfois aussi abrégé "nez", pour une fois que le terme francophone est le plus court) désigne l'avant de la planche, et par conséquent la direction dans laquelle elle aura naturellement tendance à avancer si on veut bien lui foutre la paix. C'est aussi la seule partie de la planche que le surfeur voit lorsqu'il est allongé dessus, ce qui explique que la déco y soit généralement moins à chier que sur le reste du pont, afin d'éviter au sportif une nausée inconvenante. Le terme "nose" à été choisi à la suite d'un terrible malentendu lorsqu'un surfeur anonyme mais anglophone ayant raté son canard brisa l'avant de sa planche à coup de cartilage nasal. En sortant sa tête sanguinolente de l'eau, il dit à son pote "Oh dude, I definitely broke my nose". Son pote cru qu'il parlait de la planche. Le terme était nez.

Tail: Désigne la partie diamétralement opposée au nose, et que le surfeur ne voit donc que rarement, à fortiori s'il n'arrive pas à se mettre debout sur sa planche. Cette particularité explique que notre décorateur en herbe ait une tendance maladive à s'y lâcher sur tout ce qu'il y a de plus dégueu: renforts carbone, traction pad aux couleurs jamaïcaines, Leash fluo et dérives à motif peau de croco... Bref, un étalage de bon goût comme on s'attend à en trouver à un salon du tuning pour bagnoles sans permis. D'un point de vue étymologique, on attribue ce terme à un autre surfeur anonyme et anglophone (sans doute le copain du premier) qui était doté d'un énorme sexe. Je vous épargne les détails de l'anecdote...

Pont/Deck: Ce terme désigne la partie supérieure de la planche, sur laquelle le surfiste s'allonge en une position lascive allant parfois jusqu'à l'excitation sexuelle (voir: Wax). La plupart des surfistes nourrissent également l'espoir de s'y tenir debout, mais comme c'est beaucoup plus rare, beaucoup d'entre eux y installent des renforts en mousse supposés rendre la stature horizontale plus confortable (voir: Traction pad)

Carène: A l'opposée du deck, la carène est située sur le dessous de la planche et a pour objectif d'être la plus glissante possible, afin de faciliter le déplacement de cette dernière. Il est donc déconseillé de se tromper de sens en mettant sa planche à l'eau et de s'allonger par erreur sur la carène. Pour les plus étourdis, on reconnaît la carène au fait qu'elle est affublée d'un certain nombre d'appendices aux formes caractéristiques, et destinés à dissuader de telles pratiques (voir: Dérive/aileron).

Rail: Chargé de faire le lien entre le deck et la carène sur toute la longueur de la planche, le rail est avant tout la partie du flotteur qui vient systématiquement frapper les testicules du surfeur lorsque ce dernier choit de sa monture. Un surfeur aguerri préférera donc un rail épais, aux angles adoucis, à une géométrie fine ayant pour conséquence une pression de contact accrue. Les plus expérimentés jetterons enfin leur dévolu sur des rails faits d'une matière souple (Voir: Mousse/foamie).

Rocker: Le surfeur aime le rock, surtout si le nom du groupe contient les mots "surf", "beach", "ocean", "swell", "ride" ou "wave", ou encore si ce dernier est originaire de Californie. Cela n'explique en rien pourquoi le terme "rocker" désigne la courbe représentée par la planche lorsqu'on la regarde de profil, mais ça a le mérite d'aider à comprendre pourquoi on entend toujours de la musique de merde quand on s'approche du parking d'un spot fréquenté.

Stringer: La plupart des planches de surf sont renforcées en leur centre d'une latte de bois (ou de tout autre matériau composite aux propriétés équivalentes, pourvu que son nom sorte du cerveau malade d'un marketeux sous cocaïne) prétendument destinée à en assurer la résistance autant que le comportement en flexion. Mais son but réel est de dessiner, en affleurant à la surface du polystyrène, une ligne longitudinale permettant au surfeur de savoir dans quel sens s'allonger.

Dérive/aileron: Accrochés à la carène par divers truchements technologiques qu'il n'est pas nécessaire de détailler ici, les dérives peuvent être au nombre de 1, 2, 3, 4 et même 5 pour les plus endurcis des surfeurs SM. Leur rôle principal est en effet de sanctionner les importuns qui s'allongent par erreur du mauvais côté de la planche en leur tranchant les testicules. L'objectif étant double: d'une part punir cette attitude digne d'un cook de bas étage, et d'autre part éviter tout déversement accidentel de liquide organique indésirable (voir: Wax) et susceptible de perturber les écoulements hydrodynamiques.

Single: Configuration de dérives fixées sous une planche de surf. Comme son nom l'indique, le single est une dérive unique, généralement placée le long de l'axe longitudinal dessiné par le stringer, mais pas que. Après tout, on trouve des grands malades aussi chez les shapers.

Twin: Configuration de dérives fixées sous une planche de surf. Comme son nom l'indique, le twin est une paire de dérives situées de part et d'autre de la planche, le long des rails. La principale différence avec le single est que si on perd une dérive, il en reste toujours une pour rentrer à la plage.

Quad: Configuration de dérives fixées sous une planche de surf. Comme son nom l'indique, le quad est un quatuor de dérives réparties en deux paires, de part et d'autre de la planche. La principale différence avec le twin est que, lorsqu'on laboure le reef avec ses dérives, on en abîme deux fois plus.

Thruster: Configuration de dérives fixées sous une planche de surf. Comme son nom ne l'indique pas, le thruster est un trio de dérives, croisement contre nature entre un single et un twin à qui on a donné un nom de merde, comme à tous les bâtards qui jettent la honte sur leur famille. La principale différence avec toutes les autres configurations de dérives est que la quasi-intégralité des surfeurs pros utilisent des thrusters en compétition, comme quoi on s'attache plus facilement à un petit bâtard de la SPA qu'à un pure race un peu dégénéré...

Bonzer: Configuration de dérives fixées sous une planche de surf. Néologisme à mi-chemin entre le "banzai" du kamikaze et la façon de "bronzer" caractéristique des occupants de tata beach, son étymologie indique clairement au littéraire averti un nombre à la fois suicidaire et pervers de dérives. Non parce que franchement, à quoi ça sert d'en mettre 5 quand une seule suffit à faire le taf?!

Finless: On utilise ce terme en référence à une planche dépourvue de dérives, et dont l'utilisation revient peu ou prou à surfer sur une planche à l'envers, mais sans avoir le cran d'assumer la présence des dérives. La pratique du surf finless est donc réservée aux chochottes qui pensent qu'on peut avoir la moindre classe en skimboard.

Leash: De l'anglais "laisse". Cet accessoire que l'on retrouve également dans les soirées organisées par Maîtresse Dominia, permet au surfeur d'assumer sa soumission envers sa planche en acceptant d'être tenu en laisse par cette dernière. Les plus intégristes l'attachent autour du cou, mais en général, ils ne font pas de vieux os. La planche est une maîtresse impitoyable qui aime donner de grands coups secs sur sa laisse pour marquer sa domination. C'est la raison pour laquelle la plupart des pratiquants ont pour habitude de l'attacher à la cheville ou au mollet. Bref, au bout d'un membre qui ne sert pas à grand chose quand on passe la plupart de son temps allongé sur le ventre.

Wax: La version officielle, c'est qu'il s'agit d'un mélange de produits naturels et/ou pétrochimiques volontairement étalé sur la surface de la planche (voir: Deck) pour lui conférer des propriétés anti-dérapantes. La vérité, c'est que les surfeurs ne sont pas assez cons pour ignorer qu'il existe des chaussettes antidérapantes en vente pour moins de 5€ à la Redoute, il servent uniquement cette explication aux non-surfistes pour justifier les traces de sperme séché laissées par de trop longues heures passées allongés sur leur planche, à frotter leur entrejambe sur le renfort en mousse du traction pad.

Traction pad: Il s'agit d'un terme pompeux utilisé pour désigner un carré de mousse collé sur la planche. Il existe deux sortes de traction pads. Le back pad, situé à l'arrière de la planche, est le plus couramment utilisé. Il permet d'assurer le confort des parties génitales de l'individu allongé. Le front pad, plus rare, soulage les douleurs caractéristiques ressenties au niveau des côtes flottantes lors d'une reprise d'activité faisant suite à une interruption de surf prolongée. Le hasard faisant bien les choses, lorsque le surfiste se retrouve fortuitement en position verticale, ces accessoires permettent également à ses pieds de mieux accrocher sur la surface de la planche. Un appareillage qui serait donc parfaitement inutile si le surfiste était équipé des chaussettes antidérapantes de la Redoute dont nous avons déjà parlé plus tôt.

Kicker: A l'arrière de la plupart des traction pads (tout du moins ceux situés à l'arrière de la planche) se trouve une protubérance de mousse servant aussi bien de repère haptique pour placer son pied au take-off que de relief sur lequel frotter son entrejambe dans les moments de solitude. On appelle cet accessoire le "kicker". Certains parmi les surfeurs les plus aguerris ont également pris pour habitude d'utiliser ce parapet miniature pour éviter que leur pied ne foute le camp lors leurs manœuvres les plus radicales. Un débutant qui se respecte aura donc à cœur de placer son pied le plus près possible du kicker pour faire "comme les grands", même si cela implique d'avoir les jambes écartées et une position aussi dégueulasse qu'inefficace.

Péniche: Ce terme désigne un longboard particulièrement volumineux, peu maniable, et impropre à la pratique sérieuse de la glisse, ou n'importe quel SUP.

Mousse/foamie: Face au danger omniprésent que représente une planche en résine bardée d'ailerons pour le surfiste qui s'engage -insouciant- dans un tube dont il ne sortira pas, les plus couards d'entre eux ont imaginé des planches entièrement constituées de matériaux souples destinés à limiter une douleur pourtant bien méritée; et qu'ils ont parfois même dotés de dérives souples, elles aussi, dans le but inavouable de copuler sans danger avec sa carène. Il va sans dire que l'adoption d'un tel modèle classe immédiatement le contrevenant dans la catégorie des gens qui ne méritent que le mépris des vrais surfistes.

Shape: Ce terme désigne aussi bien la forme d'une planche que la planche elle-même, lorsque cette dernière a été réalisée par un artisan-shapeur (autrement dit, un ancien surfeur qui a renoncé à sa passion pour aider les autres à assouvir la leur pendant qu'il élève son cancer dans un atelier rempli de produits toxiques)

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